grandezecoles

Dimanche 17 avril 2005
Bonjour à tous!

Le principe de ce blog va être pour moi de vous faire découvrir les méandres de la vie dans nos belles et préstigieuse Grandes Ecoles françaises. Acteur et témoin du système censé produire l'élite de la nation française, je souhaite vous faire toucher du doigt la façon dont pensent et se comportent vos dirigeants de demain.
Sont-ils vraiment une espèce à part? Différent-ils de l'étudiant lambda? Sont-ils vraiment plus intelligents?
Au-delà de ces questions, peut-être prendrez vous plaisir à découvrir le quotidien de ces écoles où l'on entre pas si facilement...

En attendant, sachez que sur mon blog, pas besoin de montrer patte blanche!

Monsieur Z.
Par Monsieur Z.
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Lundi 18 avril 2005

Ce que vous devez savoir...

 

Avant toute chose, il me semble utile de vous définir dans leurs grandes lignes, les différentes catégories d'individus. S'il est évident qu'une personne ne sera à jamais à 100% dans une seule de ces cases, sachez néanmoins qu'en croisant 2 ou 3 catégories entre elles, on aura défini 90% des fions de la population des Grandes Ecoles (hec, essec, escp, du moins).

 

 

Le Faux-cool:

 

Ce personnage compte parmi les plus répandu dans les Grandes Ecoles. Il est très facile à reconnaître car il porte toute l'année et par tout les temps un polo de rugby ridicule à l'effigie de son association (NDLR: l'association est l'unité sociale qui arrive juste après l'individu dans une Grande Ecole, elle y remplace la famille). Il sera notamment reconnaissable très facilement au moment des campagnes BDE (bureau des élèves) ou dans les associations qui ne recrutent que des faux-cool (le bureau des sports, le bar, les assoc’ de sport extrême). Notre lecteur, peu coutumier de la décadence jet-set de l'éducation nationale française doit savoir que la campagne BDE est le pic d'activité d'une Grande Ecole. C'est d'ailleurs ce qui rythme intégralement la vie du faux cool, qui, même s'il n'y prend pas toujours part, se doit de se tenir au courant de tous les ragots et de tous les potins. Le faux-cool, est, vous l’aurez compris, toujours en train de traîner dans les couloirs de l’école ou de boire des bières au bar du campus avec ses copains de toujours qu’il a connu l’année dernière. Du reste, le faux-cool n’a pas de vie à l’extérieur de l’école et, lorsque le jour de son diplôme arrive et qu’il est propulsé dans la vraie vie, il s’aperçoit malheureusement qu’il n’est personne, et que tout le monde se fout royalement qu’il ait été un jour trésorier du BDE ou bien qu’il ait lui-même développé le site internet de l’école.

 

Répliques préférées : « Oh là là ! chuis trop un ouf, j’ai bu un pack de kro tout seul, plus trois bouteilles de vodka » ; « j’ai choppé sophie hier, enfin, c’est plutôt elle qui m’a choppé » ; « la liste BDE d’en face, c’est vraiment trop des nazes »; « c'était mieux avant »

 

Le polard :

 

En jargon Grandezécoles, le polard est un curieux personnage qui n’est là, non pas pour s’amuser et se faire valoir, comme le précédent individu, mais bel et bien pour travailler et trouver un emploi qui lui permettra de se faire des couilles en or digne des deux ans qu’il a sacrifié en classe préparatoire. Il ne sèche que très peu de cours (et oui, il y a quand même des grèves de transport de temps en temps) et permet bien souvent à ses collègues faux-cool de le sodomiser l’utiliser à son insu lors des innombrables travaux de groupe où il se tapera tout le boulot. Parmi les premiers de la promo, il obtient souvent les meilleurs cours et les meilleurs échanges (lorsque ceux-ci sont attribués au mérite) mais pas forcément les meilleurs stages ou emplois car il n’est généralement pas un as de la communication et son épanouissement est proche de celui d’un lombric laisse souvent à désirer. On retrouve généralement ce personnage dans les associations culturelles (artistique, littéraire, théatrale…) ou bien professionnelle (junior entreprise et tout ce qui touche à l’informatique). Enfin, compte tenu de la sélectivité des Grandezécoles qui recrute les élèves les plus brillants, il arrive souvent que le polard soit un surdoué, proche de l’autisme, ou du moins qu’il soit atteint de pathologies psychiatriques diverses et variées. Pour exemple, mon voisin de chambre, à la résidence du campus, s’enfermait régulièrement dans sa chambre et hurlait « Jesus, bite, chatte, sainte marie, sodomie, Dieu, merde, chiotte » pendant environ 5 minutes, ne se nourrissait que lorsqu’il était certain que personne ne le verrait (donc surtout la nuit) et quand on lui adressait la parole on avait l’impression que ce qu’on lui avait dit l’avait tellement agressé qu’il allait nous sauter à la gorge.

 

Répliques types : « t’as eu combien un macro ? » ; «J’aimerais savoir s’il est possible de ne prendre que des cours de finance après la première année ? » (NDLR : cela représenterait environ 720 heures de finance) ; « t’as vu les nouvelles fonctions du site internet ?»

 

Le cool :

 

Très rares, les cools sont souvent des individus qui ne savent pas trop pourquoi ils sont là. Ils sont arrivés par hasard (ils ont souvent plus choisi une prépa qu’une école en particulier) et se foutent royalement de ne sont pas vraiment intéressés par ce qu’on enseigne des nos Grandes Ecoles. Souvent il méprise la vie futile et puérile du campus et préfère une soirée entre amis (le plus souvent avec quelques joints qui tournent) aux soirées open-bar monstre de l’école. Etre ami avec un cool demande du temps mais est bien plus gratifiant que d’être ami avec un faux cool, ce qui ne durera de toute façon pas plus que sa campagne son mandat au BDE, ou que sa scolarité dans le meilleur des cas. Le cool se retrouve souvent dans les associations musicales, humanitaires ou de billard. S’il est généralement un personnage intéressant, le cool n’est pas la cible habituelle des cabinets d’audit ou des banques d’affaires, et il n’aide pas beaucoup l’école à augmenter sa moyenne de salaire à la sortie sa visibilité internationale et sa crédibilité.

 

Réplique préférées : « Tu veux une bière, man ? », « on sèche la finance et on se taille au Sonar à Barcelone ce week-end », « ce soir j’peux pas, j’ai répète avec mon groupe », « je pars 6 mois au Srilanka pour développé le micro crédit »

 

 

To be continued...

Par Monsieur Z.
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Mardi 19 avril 2005

Ce que vous devez savoir...

 

On continue donc avec la description des personnalités que l’on trouve dans nos chères et belles Grandezécoles. Comme je vous l’ai dit dans l’article précédent, il vous suffira ensuite de croiser ces quelques catégories pour vous faire une idée de ce qu’est « l’élite » de la France.

 

Le petit bourge :

 

Le plus souvent du 16ème parisien (les lyonnais, 2ème origine géographique, sont beaucoup plus humbles et bon esprit) et issu des classes prépa prestigieuses et bien souvent privées (IPEPUTE et Ginette raprezent), vous aurez sans mal deviné de quelle confession il est. Ce curieux personnage aime à se pavaner dans son Rav4 ou dans sa nouvelle Mini avec quelques pétasses petites bourges qu’il ramènera si galamment à Paris. Pour lui, les soirées d’école ne sont qu’un prolongement des rallyes de sa jeunesse, et il est, là encore, vu comme une poule aux oeufs d'or  un bon parti. La petite bourge, elle n’est pas de toutes les soirées. Il lui faut en effet consulter son psychanalyste 3 soirs par semaine afin de pouvoir soigner ses problèmes de pauvre petite fille riche : souvent atteinte de nymphomanie compulsive, elle s’aperçoit qu’elle se fait systématiquement utiliser par les mecs qu’elle rencontre ; plus grave, elle a été privé d’argent de poche pendant un mois (environ le PIB du Mexique) pour avoir dépensé 22 000€ de fringues lors de son dernier week-end à New York ; ou, horreur, sa petite chienne « pepette » est tragiquement décédée en faisant une overdose de foie gras et, de surcroît elle a dégueulé non seulement dans la jaguar® de papa qui l’emmenait chez le vétérinaire mais aussi sur ses baskets Hermès™ que maman venait de lui offrir pour son 11 en finance.

Le petit bourge se retrouve aisément dans les associations religieuses , au BDE ou encore dans les associations de sports chiants nobles (Golf, Voile, Equitation,…). Pour devenir son ami, il suffit de lui prouver que ton père a plus d’argent que le sien (NDLR : tu peux par exemple l’inviter dans ton chalet de Megève qui est plus grand que celui qu'il a à Courche).

 

Répliques préférées : « Ton nom c’est Sophia Bank ? on a un point en commun alors : moi mon père possède une Bank, ha ha ha ha » ; « tu peux me dire si l’on peut aller au week end d’intégration par ses propres moyens ? mon père m’a loué une limo » ;  « je peux pas, j’ai psy »

 

Le fils d’ouvrier ou de paysan :

 

A toi lecteur qui pensait que seul les petits bourges intégraient les Grandezécoles, détrompe toi, et détrompe toi bien. En effet, par la force du poignet (22h de travail par jour en prépa), et sans l’aide du moindre prof de maths à domicile (à 50€ de l’heure) le fils de prolo a su gravir marche après marche l’échelle sociale qui lui permettra de ne pas garder les cochons à Nouan le Fuselier. A priori, nous sommes naturellement poussés à éprouver un respect légitime envers ce personnage qui ne doit son succès qu’à lui-même. Et c’est le cas. Néanmoins, sache lecteur qu’il n’est pas épargné par certaines pathologies psychiatriques, différentes il est vrai, de celles de notre ami le petit bourge. En témoigne une paranoïa latente qui le pousse à ne faire confiance à personne, à penser que tout le monde se moque en permanence de lui et à essayer de déjouer le complot que l’école entière trame pour essayer de le tuer d’obtenir son exclusion. Corollaire de cela, il est hors de question de demander au fils de prolo le moindre cours manqué ou exercice de quoi que ce soit car il ne supporte pas l’idée d’aider un sale petit bourge (tout le monde en est un pour lui) qui aura sécher ou n’aura rien foutu. C’est un peu comme si le prolo restait toute sa vie en prépa.

On retrouve souvent le fils de prolo dans les associations de bourin  sympathiques mais à faible contenu culturel type Bar de l’école, assoc’ de rugby ou encore dans des groupes de métal picard.

 

Répliques préférées : « Oh, de diou d’bon diou d’diou, comment qu’on dit déjà ? » ; « Quoi ça ? » ; « ça va tchio, t’es sur qu’tu r’veux une binouze » ?

 

Par Monsieur Z.
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Jeudi 21 avril 2005

Ce que vous devez savoir...

 

Le playboy de supermarché

 

Premier constat : il se prend pour un cool. Je vous rassure c’est loin d’être le cas. Ses principales caractéristiques sont qu’il est beau gosse, mais de loin. En gros, il s’habille comme un beau gosse, il sent comme un beau gosse, il a une voiture de beau gosse mais de près c’est cendrillon à minuit. On croyait qu’il s’habillait chez Armani mais en fait c’est à la halle aux vêtements. On pensait qu’il faisait ses courses chez Fauchon : ratez c’est chez Lidl. On croyait qu’il était beau gosse : finalement il a les yeux trop rapprochés, le nez écrasé ou bien il faisait plus grand de loin. Il n’empêche, le playboy de supermarché choppe en soirée. Et bien plus que toi et moi réunis lecteur. Il est vrai qu’il lui arrive de se taper des cageots ne pas être regardant sur la qualité, mais qu’importe, mieux vaut être mal accompagné au lit que seul. Le playboy de supermarché n’est ami qu’avec d’autres playboys, voire avec des pétasses filles de petite vertu. Souvent, il se moque des moins beaux que lui. Il les méprise. Cependant, il sera lui-même méprisé par les vrais cool qui ne verront en lui qu’un gros fion être superficiel. Enfin, à la question « où vous voyez vous dans 10 ans » le playboy de supermarché, après mure réflexion, répond, perdu dans ses rêveries  « avec un grand appart’, une belle nana, une Porsche et un chien ». 1m70 (dans le meilleur des cas) de clichés monté sur Puma™ vous dis-je.

On retrouve souvent le beau gosse de supermarché au BDE (Martial si tu nous regardes), dans l’association de foot ou dans celle de cinéma (NDLR : l’assoc’ de ciné regroupe les fan des films sur les Champs Elysées le samedi après-midi, pas les fan de Cocteau)

 

Répliques préférées : « On s’est déjà vu quelque part, non ? », « c’est à toi ces deux beaux yeux ?», « aller, ce soir je t’invite au Flunch »

 

 

 

Le nobod :

 

Abréviation de l’anglais « nobody », le nobod est de loin le personnage le plus répandu dans les grandes écoles, et c’est pour cela qu’il est difficile de le décrire avec exactitude. Néanmoins, il est aisé de dire que le nobod n'est connu de personne et qu’il ne vient à l’école que pour aller en cours : il reste sourd aux invitations à participer aux activités extrascolaires. Les Grandes Ecoles étant généralement situées en banlieue parisienne, le nobod préfère la plupart du temps rester habiter chez ses parents à Paris, tout comme en prépa d’ailleurs. Le nobod, de nature casanière, ne va que peu en soirée et ne participe souvent même pas au week end d’intégration (NDLR : WEI, prononcer « ouaille »). Le nobod n’a ni caractéristique physique propres, ni style vestimentaire bien défini, ni même de consistance particulière. En fait, il se suiciderait ne serait pas là, que ça ne m’empêcherai pas de chier tout les matins à 7h00 pétante comme si j’avais une horloge dans l’cul  de vivre. Il ne sert grosso modo qu’à gonfler les statistiques des Grandes Ecoles et à payer ses frais d’inscription. Néanmoins, ne se souciant pas de son image auprès de ses collègues, n'étant pas obligé de jouer au cool et ayant une vie en dehors de l'école, le nobod est peut-être le personnage le plus heureux des Grandes Ecoles...ou pas.

On retrouve souvent le nobod dans aucune assoc’.

 

Répliques préférées : « Je t’assure que je fais parti de ta promo ! », « mais si, je t’assure !», « ah bon ? y’avait une soirée hier soir ? »

 

Par Monsieur Z.
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Lundi 25 avril 2005

Aujourd’hui, sur granzecoles.over-blog.com nous avons le plaisir d’interviewer celui que l’on prénommera Marty pour préserver son anonymat. Marty est en 1ère année dans une grande école de commerce et s’apprête à participer à sa première campagne BDE en tant que listeux. Il est très heureux et très fier de pouvoir partager sa joie avec les lecteurs de notre jeune mais néanmoins bien-aimé blog.

 

Granzecoles : Marty, commence d’abord par te présenter un peu à nos fidèles lecteurs.

 

Marty : Ben, je viens de Paris, j’étais en prépa à IPEPUT et je fais parti de deux assoc’ : le journal satirique de l’école et l’assoc’ de foot.

 

Granzecoles : Tu te résumes donc à une prépa et deux assoc’ ? Ça fait un peu superficiel non ?

 

Marty : Pas du tout, parce que maintenant je suis aussi dans une liste BDE et du coup on a plein de projets pour changer l’école. Donc c’est hyper stimulant, j’ai plein de potes qui sont vraiment des cools, et je pense que cette nouvelle famille me définit mieux en tant que personne.

 

Granzecoles : Ok…Et coté projet professionnel tu en es où ?

 

Marty : Ben soit je vais bosser dans l’entreprise de mon père soit je vais créer ma boite de prod’ : dans le ciné ou la musique, je sais pas encore.

 

Granzecoles : Super. Et les filles dans tout ça ?

 

Marty : Ben disons que j’ai pas à me plaindre, je chope beaucoup en soirée, je commence à avoir ma réputation d’ailleurs (Clin d’œil de notre ami) même si certaines filles ont  essayé de la pourrir parce que je les avais largué comme des merdes.

 

Granzecoles : Ah bon ? Et qu’est ce qu’elles disaient exactement ?

 

Marty : Ben euh, c’est un peu gênant.

 

Granzecoles : Oh allez, fait pas ta fiotte

.

Marty : Ben elles disaient que j’avais un sexe minuscule et que la seule personne que j’avais jamais fait jouir c’était mon hamster qui en serait d’ailleurs mort. Tout ça est bien sur complètement faux.

 

Granzecoles : Tu m’en diras tant. Passons maintenant aux projets que tu as pour ton école. Tu peux nous en parler ?

 

Marty : Ben en fait y’en a beaucoup qui sont secrets et dont on est pas complètement sur. Donc je préfère vous parlez de ce qu’on va faire, sur et certain. Donc, d’abord on va faire construire une piscine dans le hall d’entrée au milieu duquel on délocalisera le bar de l’école. Pour l’inauguration on pense inviter ACDC pour la musique (avec Johnny en première partie) et Ernst-Auguste (de Monaco) pour tester le bar. Ensuite on voudrait moderniser le réseau informatique pour pouvoir télécharger de la musique et des films sans trop pomper sur la bande passante et empêcher les AST de travailler. Niveau soirée : on trouve ça dommage de faire payer les boissons en plus de l’entrée donc toutes les soirées seront open bar. Enfin, comme on a démarché tampax ®    on sera en mesure de mettre gratuitement à disposition des filles, des tampons, dans toutes les toilettes de l’école et pendant toute l’année.

 

Granzecoles : ça à l’air super tous ces projets mais comment pensez-vous les financer ?

 

Marty : Ben en fait, dans ma liste on est 6 fils d’entreprise et le père de Mélanie (NDLR : la préz) siège au conseil d’administration de HSBC donc on est blindé coté sponsoring. De plus, on pense faire passer la cotisation annuelle à 1200€ par étudiant. Etant donné que ça ne représente que 1/5 des frais d’inscription, on pense qu’on reste dans le raisonnable. Pour les détails tu peux aussi consulter notre trèz’.

 

Granzecoles : Revenons un peu à toi, si tu veux bien. Comment te sens-tu dans ta grande école ?

 

Marty : Ben je suis super heureux d’avoir trouver des amis que je garderais toute ma vie. C’est vrai que y’a pas mal de gens qui m’aiment pas parce qu’ils sont jaloux qu’on soit des cools et que eux ce soient des nobod’ (NDLR : voir les articles précédents pour une définition précise de ces termes). Mais ça je m’en fous, moi je me sens bien avec mes potes et j’ai envie de me bouger pour mon école.

 

Granzecoles : Tu as raison c’est le principal. Un mot pour conclure ?

 

Marty : Ben j’encourage tout le monde à travailler dure pour intégrer une grande école. On m’a dit que même les pauvres pouvaient y arriver : c’est qu’une question de volonté. Parce que c’est vraiment géniale la vie en école. Moi c’est les plus belles années de ma vie.

 

 

Propos vaillamment recueillis par Monsieur Z., votre serviteur.

 

 

Par Monsieur Z.
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Mercredi 27 avril 2005

Cher lecteur,

 

 

 

Toi qui n'est pas forcement familier de la vie rythmée des Grandes Ecoles, sache que l'apogée de l'année scolaire à lieu au moment de la campagne BDE où deux listes principales et plusieurs listes "pipos" s'affrontent pour remporter la victoire d'une vie: diriger le BDE de son école. Chaque liste démarche des entreprises afin d'être sponsorisée (en argent et en cadeaux) ce qui lui permet non seulement d'organiser ses soirées de campagne mais surtout de distribuer des cadeaux à ses électeurs potentiels. Après d'innombrables efforts d'organisation, de racolage, de mise en place d'évènements de toutes sortes, et après avoir été conspué par la totalité de l'école, il arrive que la liste remporte la campagne et s'engage dans ce qu'elle pense être la dernière grande aventure humaine. Et pour gagner quoi au final me direz-vous? Eh bien le droit de ramasser le vomi dans les soirées qu'elle aura organisé (sans même pouvoir en profiter, ça va de soit), le droit de distribuer des chocos BN sans entendre ni un "s'il te plait", ni un "merci", et le droit de décider si ce sera plutôt rhum-orange ou vodka-orange à la prochaine soirée. Tu me trouves un peu acide, cher lecteur, et tu as raison, même trois fois raison. Car ce n'est pas tout: ceux qui remporte le BDE sont aussi couvert de gloire dans leur école...mais seulement aux yeux des autres listeux (2% de la population totale) et encore...Doté d'un oeil de fennec, tu doit être en train de te dire que ça doit sacrément les aider à choper des 1ère années. Détrompes toi et détrompe toi bien. S'il est vrai que les filles chopent tout et n'importe quoi, ce n'est en rien une nouveauté. S'il est également vrai que les beaux gosses (de supermarché, c.f. les articles précédents) chopent aussi, ils l'auraient fait de toute façon. Reste les moches, parfois chauves et qui essaient de le cacher en ayant une casquette vissée sur la tête en permanence, qui eux continuent à looser,i.e. à ne choper que leur main droite (ou gauche pour avoir l'impression que c'est quelqu'un d'autre).

 

 

 

Donc vois-tu, cher lecteur, la campagne BDE n'est rien d'autre qu'un moyen pour les listeux de remplir le vide de leurs existences en se couvrant d'une gloire illusoire et en s'autoproclamant meilleure bande de potes  pour toujours. Risée du vrai cool, le listeux devient, de fait, un énorme faux cool, en plus de toutes les catégories dans lesquels il se retrouvait précédemment. Le plus intelligent de l'histoire, c’est encore le Nobod de base (pléonasme) qui va venir profiter gratuitement des soirées, de la bouffe et des cadeaux et qui au final votera, comme je m’apprête à le faire, pour la liste pipo qui l’aura le plus fait marrer.

 

 

Fidèle lecteur, je te raconterai très prochainement comment se déroule la pré-campagne afin que tu cernes mieux qui est le listeux: Pigeon, Oiseaux à la grise robe, dans l’enfer des villes, à mon regard tu te dérombes, tu es vraiment le plus agile

 

Sur ce je vais me faire un ptit Grégory moi

 

 

Par Monsieur Z.
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Mardi 10 mai 2005

Si vous appréciez ce blog, faites le moi savoir : laisser des commentaires, faites part de vos suggestions ou de vos critiques...

 

à très bientôt

 

Monsieur Z.

Par Monsieur Z
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Jeudi 12 mai 2005

 

 

Sache lecteur que s’il est aisé de créer des liens dans les grandes écoles, ils ne tiennent bien souvent qu’à un fil. Tu ne peux pas savoir le nombre de gens à qui tu serres la main, fait la bise ou demande des nouvelles sans même connaître leur prénom. Il est d’ailleurs souvent gênant  que quelqu’un t’aborde avec un grand sourire et que tu commences à discuter avec lui en te disant intérieurement « mais comment il me connaît celui-là ? ». Attention cher lecteur, si tu es malheureusement en train de te demander la même chose mais que c’est une fille, il est d’usage, après avoir attendu une période de trois mois, d’aller faire un test de dépistage du sida. Loin de moi l’idée de t’effrayer, mais la chaude pisse est légion. Ceci me permet de te parler du concept hégélien, car se reproduisant à chaque soirée, de « choppe ». La choppe, fidèle lecteur, consiste à embrasser n’importe qu’elle personne du sexe opposé, avec la langue, au cours d’une soirée, en faisant semblant d’être bourré afin de masquer le vide affectif qui t’entoure. Parfois, quand la personne qui accepte un relation buccale avec toi n’est pas trop repoussante (20% des cas) tu envisageras même de lui reparler le lendemain. Mais nenni. Même deux fois nenni. Parce que pour elle tu tomberas dans les 80% des autres cas. Pire qu’un éphémère la choppe ne dure donc qu’une soirée et est souvent entachée d’un vomissement qui, tels les douze coups de minuit pour Cendrillon, te ramènera à la réalité : cette radasse est encore moins fraîche que toi ce n’est pas encore la femme de ta vie. Le corollaire de la choppe consiste à embrasser une personne du même sexe que toi pour faire semblant d’être un cool lorsque tu n’auras pas réussi à chopper.

 

Enfin, en grande école tu arriveras la plupart du temps à te faire des amis pour la vie d’une année, et, si tu y crois vraiment, tu feras un BDE avec eux.

 

Voire l’article à venir sur la Campagne.

 

 

 

 

A demain, fidèle lecteur, pour un autre article sur la vie dans les Grandes Ecoles.

 

Ton serviteur, Monsieur Z.

 

Par Monsieur Z
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Dimanche 15 mai 2005

Le vieux con:

 

S’il est vrai, fidèle lecteur, que je t’ai déjà parlé de la plupart des grands types de personnage des Grandes Ecoles, il en est encore un que je devais porter à ta connaissance. Il s’agit du vieux con que tu peux aisément reconnaître à sa maxime préférée, érigée en devise : « c’était mieux avant ». Sache d’ailleurs, soit dit en passant, que le vieux con a, partout et de tout temps, existé (pense aux royalistes, aux bonapartistes, aux nostalgique du 3ème Reich ou aux adeptes du minitel).

Ainsi, le vieux con est toujours là pour te rappeler la façon dont ça se passait de son temps, à quel point les gens étaient plus drôles, plus cools, plus beaux ou plus faciles à chopper. Il arrive même bien souvent que le vieux con soit nostalgique d’une époque qu’il n’a pas connu mais que d’autres plus vieux cons lui ont rabaché narré, avec tellement de réalisme, que c’est comme s’il y avait été.

En tout cas, sache qu’il ne te sera d’aucune utilité d’entrer en contact avec un vieux con car tu ne pourras pas en placer une tellement c’est un moulin à conneries que l’écouter parler. En effet, tu seras bien vite toisé et moqué par un individu qui pense avoir tout fait, tout vécu, tout inventé. Malheureusement, le vieux con, bien souvent blasé et aigri, critique toute nouvelle évolution ou initiative dans son école dans le seul but de pouvoir conclure par « c’était mieux avant ».

Le revers de la médaille est qu’à partir de la deuxième année en école, tous les la plupart des étudiants se « vieuxconisent » et racontent à qui veut l’entendre que les 1ère années sont des fiottes, qu’ils passent leur temps à réviser et qu’ils boivent deux fois moins de pichets qu’eux à la même époque (sachant qu’ils en buvaient déjà deux fois moins que ceux de l’année d’avant, dans deux ans on sert les bières avec une pipette).

Le vieux cons se retrouvent dans la quasi totalité des associations mais principalement à des postes importants (eh oui, dans les assoc’ des grandes écoles c’est comme à la SNCF , l’ascension se fait à l’ancienneté, pas au mérité).

 

 

  Bien souvent, le vieux con est un gros fion...

 

Je terminerai d’ailleurs par une citation anonyme : le problème, à notre époque, c’est que les vieux cons sont de plus en plus jeunes.

 

 

Article amoureusement servi par Monsieur Z., ton obligé

Par Monsieur Z
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Mardi 17 mai 2005

C’est trop chanmax lecteur ! La campagne BDE commence ! Et oui, comme chaque année, le point d’orgue de la vie des élèves des grandes écoles arrive enfin. C’est l’occasion pour les plus jeunes (les 1ère années) de montrer à quel point ils sont cools, à quel point ils peuvent boire de l’alcool et à quel point ils peuvent être serviles, fourbes et pitoyables pour obtenir une poignée de voix. Mais si tu croies, lecteur, que les listeux de 1ère année sont les plus pathétiques, et bien détrompe toi, et détrompe toi bien. En effet, emportés par leur fougue qui les traînent, les entraînent et aveuglés par leur année post-prépa, ils n’ont pas le recule nécessaire pour comprendre à quel point ils sont ridicules. En revanche, les plus vieux (à partir de la 2ème année) ont ce recul mais n’hésitent pas non plus à s’engager dans une liste BDE dans le seul but d’être, en cas de victoire, auréolés d’un prestige significatif auprès de leur futur cadet de 1ère année (ceux qui intégreront en septembre : suit un peu cher lecteur). Sache que parmi ces vieux qui participent à ces futilités associatives, il y en a certain nombre pour qui c’est la deuxième campagne, la première ayant été perdue avec pertes (financières) et fracas. N’est-ce pas dont là le signe d’un vide existentiel lecteur ? N’est-ce pas le signe que ces individus sont en proie à un besoin de reconnaissance aussi superficiel que sans borne. Oui, je suis bien de ton avis fidèle lecteur. Et rapprochons nos visages pour leur cracher conjointement à la gueule. Pardonne moi, mais devant cet abysse de connerie j’ai grand peine à châtier mon langage : perdu au beau milieu de ce désert de bêtise ma goutte de lucidité s’évapore à la vitesse d’un fût de bière de campagne BDE.

Sais-tu au moins, lecteur, ce que gagne la liste victorieuse : un beau polo tout neuf à son effigie. Et laisse moi t’apprendre que pour avoir le droit de porter ce polo, pour avoir celui de ramasser le vomi en soirée et enfin pour avoir le droit d’être conspué par la majorité des gens de l’école qui n’apprécieront pas les évènements que le BDE organisera, ou qui n’apprécieront tout simplement pas ses membres, et bien chaque listeux débourse en moyenne 450€ pour couvrir les frais de leur campagne.

 

 

Chapeaux bas lecteur, devant tant d’absurdité.

 

 

Venin savamment distillé par Monsieur Z.  

Par Monsieur Z
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